Figure majeure de l’avant-garde poétique américaine au 20e siècle,
co-fondateur du mouvement « objectiviste » dont font aussi partie Charles Reznikoff ou George Oppen, Louis Zukofsky a publié un nombre important de poèmes et d’essais.
Malgré l’importance capitale de ces textes aux États-Unis et outre-Atlantique, peu d’entre eux sont disponibles en français. Une première édition de ce texte a paru chez Royaumont en 1989.
Ce livre comprend trois essais : « Un objectif », « La poésie » et «Déclaration pour la poésie ». Définitions et commentaires sur la poésie, ils en exposent en fait une conception singulière, théorisent le rapport que la poésie objectiviste – et celle de Zukofsky en particulier – entretient au monde, à la forme, à la musique. Le premier essai est en vérité un programme, celui que la poésie objectiviste se fixe dès 1931, et dont une première version avait été publiée dans la revue Poetry de Harriet Monroe, dans un numéro qui avait en quelque sorte fondé le mouvement objectiviste.

Si pour ses prédécesseurs déjà (Pound, Eliot), les intrications entre mot et musique étaient essentiels, pour Zukofsky « un poème [est] un contexte associé à une forme “musicale”, musicale entre guillemets puisqu’il ne s’agit pas de notes, mais de mots plus variables que les variables et employés à l’extérieur comme à l’intérieur du contexte pour une référence communicative. »

Pour Zukofsky, les composants de l’objet poétique sont la sonorité du mot et son accentuation, qui ne sont jamais séparées de son sens ; un contexte ; mais aussi la typographie. Car si, comme pour Pound, il s’agit dans le poème de traiter une chose – subjective ou objective – de façon directe, pour les objectivistes, il s’agira encore plus de voir le poème comme un objet. Ce sont ces considérations qui, avec d’autres, sont données à lire dans les trois essais rassemblés ici. Et Zukofsky de conclure, malgré tout, que « la meilleure façon de savoir ce qu’est la poésie est de lire les poèmes. »

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