«Les Pyrénées c’était quelque chose comme une bande rousse sur la carte, verte et noire par ailleurs, sur laquelle apparaissaient quelques taches : les montagnes. A droite et à gauche la carte virait au bleu, c’était la mer. Oui, les Pyrénées séparaient l’Espagne de la France. Avec ça, il fallait chaque fois réfléchir un brin avant d’écrire leur nom.»

Publié en 1930, ce récit, traversée géographique, sociale et humaine de la région des Pyrénées, s’organise moins comme un journal classique que comme une série de tableaux ou de portraits, dans lesquels sont décrits les événements auxquels assiste ou participe Tucholsky. Accueilli par des habitants dépassant l’hostilité nationaliste franco-germanique, il y découvre ses traditions et ses voix multiples, mais aussi son histoire : du Cirque de Gavarnie, aujourd’hui encore un haut-lieu du tourisme pyrénéen, à la ville de Lourdes, en passant par les villes de Cauterets, la station thermale d’Eaux-bonnes, la Corrida à Bayonne, les Basques de Saint-Jean-Pied-de-Port… Tout est observé et décrit par l’auteur avec une minutie et une justesse rares, qui se ponctuent par ce ce que Jean Bréjoux nomme une « déclaration d’amour à la France ». Un accueil et un abri essentiels alors que son pays natal, l’Allemagne, devenait, pour lui et sa pensée, invivable.

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