Parler marque un tournant décisif dans la réflexion poétique de David Antin. Rompant avec les poèmes de ses débuts, il inaugure les pièces qui feront de lui l’un des poètes les plus singuliers de sa génération.
En 1972, Antin imagine ses « talk pieces » en réécoutant sur son autoradio l’enregistrement d’une conférence (« talk ») qu’il vient de donner à des étudiants d’art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par des espaces plus grands en guise de respirations, devient le premier des talk poems : «talking at pomona », dernier texte publié dans ce livre.

Aux côtés de ce tout premier « poème parlé » se trouvent d’autres pièces proches de l’art conceptuel américain, poème-journal et pièces improvisées au magnétophone, qui rassemblent sans hiérarchie tout ce que l’acte de parler convoque : anecdotes, hésitations, exemples, divagations, silences, plaisanteries, méditations… Autant d’éléments qui laissent affluer de façon plus ou moins directe des questions philosophiques, littéraires, politiques, artistiques ou sociales. Plus proches d’un d’enregistrement que d’une partition, c’est pourtant à l’œil que ces enregistrements s’adressent en premier, grâce à la  dimension visuelle qu’Antin a su donner à son écriture.

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