Notes sur la musique expérimentale

Musique 109 relate une certaine histoire de la musique contemporaine, celle qui court environ des années 1950 aux années 1980 et qui retrace les œuvres de grands noms comme John Cage, Steve Reich, Terry Riley, Pauline Oliveros ou Philip Glass, avec d’autres peut-être un peu moins connus du lectorat francophone.

Pour quiconque s’intéresse à la musique expérimentale, c’est une contribution précieuse, précise et fouillée. Au-delà, c’est aussi un véritable travail de recherche et d’analyse sur l’histoire de la musique du 20e siècle. Les œuvres et les partitions qui y sont décrites inspirent encore aujourd’hui nombres de compositeurs et compositrices  ; et bien qu’elles soient parfois – et déjà – mythiques, il manquait peut-être un ouvrage capable de les comprendre ensemble, comme un moment historique inscrit dans un mouvement plus global. Alvin Lucier revient ainsi sur des sujets divers, de l’indétermination au minimalisme en passant par la musique électronique ou certaines innovations aussi radicales que le piano arrangé, et montre ainsi qu’il ne se contente pas d’être un grand compositeur : il est aussi un passeur exceptionnel.

Car l’une des grandes qualités du livre est qu’il ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes. Bien au contraire, son ton alerte, les anecdotes qui le parcourent, la fluidité de cette parole « directe » – il s’agit de la retranscriptions des cours donnés pendant une quarantaine d’année par Alvin Lucier – en font un ouvrage accessible à toutes et tous, intéressant pour les musicien-ne-s autant que pour les ­non-musicologues.

Les commentaires sont fermés.