L’expression « drapeaux droits » annonce plus que le simple alignement caractéristique des compositions métriques traditionnelles : elle indique une attention particulière portée à la dimension visuelle des poèmes, laissant imaginer que chacun d’eux est, en quelque sorte, un drapeau. Les poèmes-drapeaux laissent flotter la fin de leurs vers irréguliers, plus ou moins tendus, dans le vide de la page. Beaucoup relèvent de l’épigramme, au sens ancien d’abord, en ceci qu’ils se pensent comme des inscriptions, mais aussi en des sens plus récents, par le recours fréquent au jeu de mot ou au trait d’esprit.

Des poèmes humoristiques, légers, voire ludiques, en croisent d’autres plus sincères, portés par un désir plus nu de vérité ou d’expression. Des poèmes autotéliques ou « évidents », affirment n’exister que pour eux-mêmes, quand d’autres avouent, célèbrent,
accusent, appellent ou plaignent, parlant d’un monde réel plus ou moins proche, rappelé, perdu ou nié.

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