Dans Autour du cairn, Alexandre Chollier multiplie les points de vue. Il mêle analyse et références anthropologiques, philosophiques et sociologiques et propose un large éventail de références issues de ses recherches. Rythmé par les dessins de Marc de Bernardis – peintre amoureux de la montagne et à l’origine de cet pour le cairn, Autour du cairn convoque des lieux, des récits et des voix de poètes, d’anthropologues, de philosophes – pour faire entendre la « parole des pierres ». Édouard Glissant, Jean Giono, Maurice Chappaz ou Roger Caillois sont invités à nourrir cette réflexion. Mais aussi Nicolas Bouvier, qui écrivait : « Je ne pars jamais des mots pour aller aux choses, toujours l’inverse.»

Si la figure du cairn se fait à l’occasion silhouette, ses noms ne manquent pas d’indiquer l’essentiel et de dessiner un monde où l’humain et le non-humain deviennent solidaires. Des noms dès lors à la présence vive : galgal, clapier, montjoie, monticule, murger, tumulus, castelet, champignon, garof, segnavia, ometto, uomo di sasso, mound, Steinmann, Steinberg, Steinpyramide, Wegweiser, radjma, kerkour, kalacha, nishan, chaps, chorten, stûpa, laptse, obo, apacheta, innunguaq, inuksuk
Dans le cairn rien n’est isolé, ni mot, ni chose, ni être, ni lieu. Indicateur d’une géographie concrète, le cairn dit le monde tel qu’il est. Dans l’Himalaya, les Alpes et en Laponie, sur les sentiers des anciens pays celtes et chez les Indiens d’Amérique, il indique une frontière, borne le chemin, marque le passage d’un col, une tombe ou un lieu de chasse. Les passants –  bergers, nomades, randonneurs ou voyageurs – y ajoutent une pierre, prenant le risque de l’écroulement ; œuvre collective en constante transformation, le cairn résiste au passage du temps justement parce qu’il est fragile, toujours changeant et reconstruit.

Les commentaires sont fermés.