«En 1986, j’ai traduit aux éditions Fata Morgana La Raison de l’oiseau, poèmes du VIe Dalaï Lama (1683-1707), sorte de Minnesänger de la littérature tibétaine dont le génie fut de resserrer, sous la loi métrique, les «poèmes à chanter» de la tradition, sans leur faire perdre leur fraîcheur. Entre 1986 et 2000, j’ai étudié le tibétain dans l’espoir d’établir un «Wortschatz», un vocabulaire où chaque mot recensé aurait été traité comme la clef d’usages diversifiés, métaphoriques, évoqués dans des proverbes. Mais la langue tibétaine est un médium aussi éloigné de la langue française qu’un rêve peut l’être de son interprétation discursive… Par exemple : par quoi remplacer en français cette assonance, remarquable en tibétain, du mot bonheur, «sKyid», avec la marque casuelle de l’instrumental, «kyis» ? Depuis 2001, j’ai décidé de «ranger», pour que rien ne se perde, mon vocabulaire dans une «Grammaire»: c’est-à-dire d’associer aux proverbes traduits les vers fondateurs de la grammaire (et de l’orthographe) tibétaine, vers attribués à Thonmi Sambhota, le «ministre» du roi Srontsen Gampo (VIIe siècle), le premier roi unificateur du Tibet fidèle aux tables de la «Loi Bouddhique»…
Au lieu d’être illustrées par des exemples littéraires, les prescriptions grammaticales et les observations linguistiques se voient rapportées à des dictons, à des fabliaux.»
Bénédicte Vilgrain

Chapitres parus:
chapitre 1 ou «Ka» (contrat maint, Marseille) 2001.
chapitre 2, ou «sKu» (Édition de l’Attente, Bordeaux) 2002.
chapitre 3, ou «Khà» (contrat maint, Marseille) 2003.
chapitre 4, ou «Khyi» (revue if, n° 24, Marseille) 2004.
chapitre 5, ou «G’i» (Flammarion, collectif: 39 poètes) Paris 2004.
chapitre 6, ou «Grog(s)» (contrat maint, Marseille) 2004.
chapitre 7, ou «Nga» (revue Fin, N° 24), Paris 2006.
chapitre 8, ou «Ngà»: (six propositions in catalogue de La Haute école d’arts et de design – Genève) 2006.

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