Les temps sont divers dans le jardin varié des jours comme y sont les humeurs… L’écriture de Joël Roussiez – pas des simples nouvelles ni des petits récits – apparaît comme une prose poétique, légère et douce. Les sujets sont impersonnels, ils évoluent en suspension parfois grave, ludique, ou encore alambiquée. Le lyrisme n’est pas évacué mais aérien, teinté de non-intention.

Ces textes traduiraient une sorte d’humeur si l’on veut bien croire qu’une humeur préside à leur écriture mais ils sont en fait le fruit d’un mûrissement, on a envie de l’exprimer ainsi car c’est à la suite d’une longue pratique qu’ils viennent pour ainsi dire tous seuls, il coulent; la main est appuyée sur la table en laissant libre le poignet et comme un dessinateur, elle conduit du bout des doigts le crayon qui inscrit petit morceau après petit morceau le récit qui ne s’élabore pas mais se construit par prolifération jusqu’à ce qu’une cohérence d’ensemble vienne comme par surcroît en éteindre le flot.

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