Rainer Maria Rilke écrit les Sonnets à Orphée en février 1922 alors qu’il termine, dans un état de grâce, les Élégies de Duino. Dernière œuvre de Rilke, serment de son parcours de poète, les Sonnets à Orphée sont dédiés à la mémoire de la jeune danseuse expressionniste Wera Ouckama Knoop, morte de leucémie à l’âge de 19 ans.

Roger Lewinter traduit une première fois les Sonnets entre 1985 et 1989. Aujourd’hui, se référant à la prosodie de Corneille et à la lecture de Mallarmé, il restitue – plus qu’il ne traduit – un art poétique qui est à la fois celui de Rilke et le sien. Pour lui, dans un vers, chaque mot est plein, chaque mot a valeur égale. Le sens du vers est dès lors révélé par l’accent, la pause.

Les Sonnets à Orphée chantent l’expérience de la mort dans une fugue à quatre voix: celles de Wera-Euridice et de Rilke-Orphée.

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