«Pourquoi j’écris? Peut-être parce que je suis venue au monde à Czernowitz, parce que le monde est venu à moi à Czernowitz. Ce paysage si particulier. Ces personnes si particulières. L’air était gorgé de contes et de légendes, on les absorbait en respirant.»

Contemporaine de Nelly Sachs et Paul Celan, Rose Ausländer est l’une des figures majeures de la littérature allemande du XXe siècle. Sans visa, écrit dans les années soixante-dix, regroupe non seulement des poèmes mais aussi, pour la première fois traduites en français, des proses de la poétesse. Ces textes, profondément autobiographiques, d’une grande simplicité et ne faisant souvent que quelques lignes, sont empreints d’une troublante étrangeté. Les angoissantes insomnies côtoient un univers peuplé de rêves, de légendes et d’émerveillements. Filtre des mots, une voix envoûtante tour à tour naïve, tragique ou lumineuse.

Comments are closed.