Le poème, chez Aram Saroyan, énonce, décompte (à la lettre près !), dévoile ; naît, meurt et renaît, encore et encore, dans un éclat, lumineux et sonore. Sonore ? Aram Saroyan invente l’oreille interne en poésie : il ne s’agit plus seulement de capter le mouvement vibratile d’une langue dans une bouche, mais de développer un organe de saisie de l’équilibre, de la mesure et du mouvement. Sur la page d’Aram Saroyan, le son se voit et le visible s’entend, le mouvement s’arrête et l’immobilité se déploie, dans une phénoménologie de la perception qui n’interdit rien de l’émerveillement quotidien.

Les commentaires sont fermés.