« Pour parler des plantes avec une certaine intimité, je ne suis, je l’avoue, ni botaniste, ni jardinier. Mais de temps à autre, j’ai pu m’échapper loin de la grande ville, dans les prés, dans les sentiers perdus. Plus d’une fois, dans l’ombre de la forêt sacrée, j’ai reposé des yeux fatigués par l’étincelant et bigarré tohu bohu de la vie parisienne. Au sortir de la bruyante Babylone, l’oreille se délecte au clapotis du ruisseau murmurant, au doux bruisselis des feuilles caressées par le vent du soir. Le cœur irrité par les injustices sociales ou les amertumes de la politique, s’apaise volontiers dans l’austère solitude de la montagne. Sans avoir encore appris le langage des oiseaux, je suis de ceux auxquels les arbres disent quelque chose. Dans un bosquet comme dans un salon, certaines physionomies me vont, et d’autres ne me reviennent pas. Telle fleur me plaît, telle autre me laisse froid. Je sais la forte patience du chêne, la grâce délicate du bouleau, l’élégante beauté de la rose, la tristesse du sombre sapin. Et vous les savez aussi, n’est-ce pas ? ».

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