«Le haïkiste semble photographier, enregistrer (André Breton, dans le Premier Manifeste du Surréalisme, n’appelait-il pas les poètes à être des «appareils enregistreurs»?) un simple rien, mais dont l’éclat irradierait sans trêve. Il ne conçoit pas, il découvre. Il met la focale au point sur ce qui est là, maintenant, inépuisable dans l’éphémère – non pas une essence, mais une dynamique, une énergie. Loin d’être asservi par un quelconque point de vue, il cherche un point de vision – un nouvel angle. »
Corinne Atlan et Zéno Bianu, Anthologie du Haiku, coll. Poésie/Gallimard, 2002

Depuis plus de trente ans, à Genève, Claude Tabarini partage sa vie entre l’écriture, la musique et la photographie. De la façon la plus simple, il pratique quotidiennement et à part entière l’exercice de la poésie. Son écriture, «brindilles au vent», est faite de choses vues et rencontrées dans la ville ou à la campagne. Ces instants sont restitués sans aucun artifice ou affectation. Le photographe dirait: aucun montage ou mise en scène, aucune intervention ni recadrage lors du tirage. Du haïku au chorus de jazz, de la provocation dadaïste à la nature morte photographique, le principe est toujours le même : saisir et atteindre la réalité d’un moment précis en une fraction de seconde. Voici le champ ordinaire de son action!

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