La farine est le premier livre de Benoît Damon. Sous-titré Une confession, l’ouvrage avait retenu l’intérêt de la critique comme du public à sa sortie en 1991. Récit âpre et tendu des années entre l’adolescence et l’âge d’homme par un narrateur «en miettes», «un pitre humilié» qui se «pique à la poudre de Perlimpinpin pour garder la forme», cette remémoration d’une jeunesse fourvoyée par on ne sait quel tour de magie noire ou blanche signalait la naissance d’un écrivain. Dans une prose lapidaire et pointue, le narrateur évoque son apprentissage de boulanger-pâtissier. Les années de formation, qui bien souvent déterminent la courbe d’une vie, sont contenues dans de brefs chapitres arrachés au silence comme autant d’éclats tranchants. La rage de lire qui très tôt s’est emparée de lui, ainsi que la puissance de vie léguée par «les écrivains morts» éclairent la sombre traversée.

Comments are closed.