Keepsake01 réunit six auteurs nés entre 1987 et 1994 engagés, outre l’écriture, dans des pratiques de performance, de dessin et de livre d’artiste. Plusieurs textes investissent en l’hybridant la forme documentaire. C’est le cas du texte de Anaïs Perez Wenger, une enquête autobiographique autour de la cité du Lignon à Genève mêlant écriture du paysage, récit familial et sociologie d’un lieu. Ou dans la proposition de Anne-Lise Solanilla qui décline et explore en deux textes un rapport singulier, à la fois autobiographique et anthropologique, de la main à l’artéfact que traverse la question du travail et de l’art. On retrouve l’écriture du réel dans le texte de Adrian Manuel Huber, mais travaillé cette fois par une forme qui mélange d’une manière inédite poésie concrète et flux de conscience pour tracer les contours d’une quête amoureuse, existentielle et esthétique. Pour Louise Bailat, l’écriture croise le dessin dans un même élan, et compose une lecture à cheval entre le trait et le caractère. Des phrases se succèdent par petits blocs connectant leur sens aux dessins d’architectures précaires pour creuser avec une ténacité rageuse les injonctions et les clichés du féminin. La question de l’assignation à un genre et sa fixation par le langage est au centre du texte de Kimberley Sreekumar qui recueille non sans ironie les suggestions d’un moteur de recherche, composant sur la page de brefs poèmes concrets. Le texte de Ye Ma se donne volontairement comme un texte in progress, à la fois œuvre et témoin d’une pensée en train de se faire. Son caractère inachevé ou suspendu renvoie directement à la question de la traduction au cœur de ce texte écrit en traduction instantanée via trois langues mais pas toujours dans cet ordre : chinois, anglais, français.

Comments are closed.