Dans la lutte solitaire qu’il mène contre toutes les formes d’oppression et contre la pusillanimité  de ceux qui font métier de les combattre, Ernest  Coeurderoy a des accents qui annoncent Lautréamont et Rimbaud. L’outrance est chez lui  l’expression d’une poésie qui rêve de s’emparer du monde pour le bouleverser et le restituer à l’être véritablement humain, séculairement victime d’un mode de gouvernement absurde et cruel.

Jours d’exil n’est pas seulement la fresque d’une époque  dont l’histoire des idéologies a masqué et édulcoré la violence historique, c’est la vocifération d’un homme mis en cage par la mesquinerie de son temps, c’est un cri de liberté qui résonne fortement dans nos sociétés où la nullité tonitruante favorise le silence de la résignation et les complaisances de la servitude volontaire. Raoul Vaneigem

Imprimé clandestinement en deux volumes à Londres en 1854, Jours d’exil, œuvre somme de Cœurderoy (1825 – 1862) n’a bénéficié que d’une seule édition complète chez Stock en 1910. C’est une lacune éditoriale de près d’un siècle qui est comblée avec cette réédition complète qui reprend les introductions de 1910. Deux postfaces livrent quant à elles les enjeux contemporains de cette œuvre à placer au panthéon du romantisme révolutionnaire.

Jours d’exil représente en outre un formidable témoignage sur sur la vie quotidienne des exilés politiques au 19e siècle en butte à des tracasseries administratives singulièrement proches de celles d’aujourd’hui…

 

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