Dans son Journal, John Cage laisse libre cours au tracé de sa pensée, les propositions se juxtaposent, zigzaguent. Il opère dans la césure et la discontinuité. Le Journal se compose de huit parties qui couvrent différentes périodes (1965 – 1982) de la vie du compositeur. En 1991, John Cage en donne une lecture qui sera enregistrée puis éditée sous la forme de huit CD. Anecdotes et récits philosophiques, le Journal dépasse de très loin le cadre musical. Tout comme celle de Satie, la voix de John Cage s’adresse avec finesse et ironie aux lecteurs. Pour autant que la lecture soit elle-même «invention».

La mise en page et la typographie dans des textes de John Cage font œuvre et sont partie intégrante du mode d’écriture. Dans Silence et le Journal, les blancs, l’espace de la page donnent la «ponctuation». Comme dans une partition musicale, il s’agit pour le compositeur d’introduire des indications liées à la respiration et à la vitesse. Que ce soit pour le traducteur ou le metteur en page, une des exigences majeures est de restituer ces indications dans la version française avec la plus grande précision possible.

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