J’ai souhaité ici tirer partie de la taxinomie pour m’offrir la liberté poétique – que permet toute forme que l’on s’impose, entre ses balises et tenter de construire une poétique autour et «pour» l’oiseau, «classe» du vivant qui comporte quelque 10 000 espèces.
C’est ainsi que les «augures» – textes à gauche de la page – parfois composés à partir de sources livresques diverses – guides de terrain, encyclopédies, anthologies de la tradition orale, etc. – ont été regroupés conformément aux règles actuelles de la classification du vivant, qui repose, entre autres, sur les notions d’ordres, de familles et d’espèces. De la même façon, les textes à droite de la feuille ou en pleine page, composés dans le désordre, sont naturellement venus s’insérer dans les augures a posteriori.
Le français ne fait pas la distinction entre petits et gros oiseaux, c’est-à-dire, pour notre propos, entre passereaux et non passereaux, j’ai donc emprunté à l’italien ses Uccelli et ses Uccellini pour le premier partage de ce recueil en deux livres puis, tout naturellement j’ai fait se suivre les textes conformément à la classification des oiseaux: de l’ordre des struthioniformes à celui des piciformes, pour les non passereaux; puis à l’intérieur des ordres, par familles. J’ai procédé de même pour les familles du second livre, dans l’ordre des passériformes.
La systématique évolue évidemment en permanence en fonction des découvertes et des outils; l’oiseau, aujourd’hui classé parmi telle famille, pourra demain se voir affecté à telle autre; je me suis donc bien sûr permis quelques écarts. Pour terminer, si de nombreuses règles typographiques sont volontairement contournées, j’ai tenu à respecter l’usage fréquent qui consiste à mettre une majuscule au nom de l’oiseau spécifié (le Merle noir) et une minuscule au nom générique (le merle).
Fabienne Raphoz

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