Je n’ai jamais su quelle heure il était réunit des pièces «parlées» de ces dernières années, au cours desquelles David Antin explore l’expérience du temps: les différentes perceptions qu’on en a, comment se forme un souvenir, qu’est-ce que raconter – autant de questions qui doivent également être prises de manière réflexive dans la production des talk poems, eux-mêmes parlés et réécrits à partir d’un double matériau: enregistrement et souvenir. Véritables «Thinking-while-talking» (comme il le dit des Recherches philosophiques et des leçons de Wittgenstein), ces «investigations» convoquent et intriquent de manière spéculative, et avec humour, des domaines bien connus de lui, l’art, les sciences, la linguistique et la philosophie, l’épuisement des métaphores et des raisonnements logiques qu’il affectionne depuis l’un de ses tout premiers livres, Meditations (1971) dans la trame essentielle du récit de souvenirs d’expériences personnelles (son arrivée à San Diego, lui le New-yorkais, en 1968, sa traversée des Etats-Unis en stop, ses origines familiales en Europe de l’Est et le Brooklyn de son enfance, sa relation à la scène artistique, sont autant de «motifs» que l’on retrouve dans plusieurs talk pieces).

 

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