Par sa disponibilité et sa connivence avec les choses du quotidien, par son attention portée aux êtres et aux relations qu’ils nouent entre eux et avec leur environnement immédiat ou non, par son coup d’œil pour l’infime et l’intime tout autant que pour les grands mouvements qui bousculent et façonnent le monde, Claude Raffestin s’engage de plain-pied sur le chemin d’une géographie refondée, dont l’horizon n’est autre que celui de notre existence commune. Qu’il s’agisse de faire parler les marges, de mettre en demeure notre responsabilité géographique, de questionner la territorialité de l’argent, d’élaborer une critique renouvelée du paysage, le géographe se place toujours face au réel.

Prolongeant ses analyses sur le pouvoir, nourries en grande partie de sa proximité avec l’atelier foucaldien, il franchit les barrières de sa discipline de prédilection pour dialoguer avec tous ceux qui, faisant fi de la pensée réflexe, ont pensé la relation : d’Alexander von Humboldt à Élisée Reclus, de Michel Foucault à Serge Moscovici, mais aussi et parmi tant d’autres Gilles Deleuze, Peter Sloterdijk, Georg Simmel, Henri Lefebvre…

Faisant feu de tout bois, cette géographie immédiate, hors les cadres, à la fois érudite et buissonnière, nous ramène toujours à son point de départ. Au vécu sans lequel il n’y a pas de connaissance, pas de connu.

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