« Un livre ? N’est-ce pas plutôt le texte (nom par défaut pour le résultat de l’acte continué d’écrire) qui feint, comme livre, de commencer et finir ? La question n’est pas de théorie littéraire, je la propose ici sans prétendre déborder de mon cas : j’ai appris qu’à moins d’inventer pour lui une autre forme d’existence ou que son auteur veuille le retenir indéfiniment pour sa délectation et son tourment, un écrit sans dimension doit accepter avec le regard d’autrui son propre morcellement, son sens (quoi : intime ? réel ? non littéraire ?) dût-il en pâtir. Des segments, il en est en zoologie qui vivent quoique séparés des autres fort longtemps parce que la coupure n’a pas endommagé la structure : le système reste complet. Premier livre, Tas IV fut en 1999 un premier segment, et de cette sorte je crois, vivant. Issu de la division en tas d’un plus épais dont la durée et le refus de composer étaient les seuls architectes, il garda son titre original, où le chiffre, pour servir la compréhension de l’objet comme un morceau, à la fois autorisait l’amputation-publier et raisonnait du membre séparé la peur de paraître un tout. […] Je n’écris pas plus des tas que je n’écris des livres. »

L’écriture de Fantaisies est contemporaine de l’attente du premier livre (1999-2002). Sur le plan du « devenir-livre de l’écrit », ou de la « double temporalité du faire et du divulguer », sa publication achève la figure que les publications antérieures (.TAS., qui en 2004 regroupait les « tas » III, V, et VI – on a lu supra un extrait du texte qui le présentait en 4e de couv. ; Tas II (une phase d’écriture logiquement antérieure au Tas III), TDM, une « table des matières» de 72 pages, et Snpc*, une sorte de carottage à travers une expérience d’écriture courant sur plus de vingt ans) ont amorcé, mais elle la continue de telle manière qu’elle devient avec lui claire. Fantaisies referme un deuxième anneau, une nouvelle onde autour de la toute première publication (Tas IV).

 

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