Avant d’être l’auteur reconnu du Sang noir, Louis Guilloux s’exerce au métier de journaliste et de traducteur et tient une chronique dans un nouveau magazine intitulé Floréal, «Hebdomadaire illustré du monde du travail » fondé en 1919 par Aristide Quillet. Comme le dit Eric Dussert dans sa préface  : « La chronique tient du poème en prose (manière Francis de Miomandre) et du billet humoristique (façon Alphonse Allais ou Henri Roorda), de l’analyse coupante (Emile Bergerat), du persiflage contondant (Alphonse Karr) et de la dissection métaphysique (Roberto Arlt), voire de la flânerie douce (Léon-Paul Fargue) et Louis Guilloux manifeste son talent à cet exercice du mélange, de la fleur de style et de la perspicacité. Il excelle à décrire la vie qu’il côtoie dans la Capitale vibrante, ces grands événements qui viennent bousculer encore un mode de vie déchiqueté par la guerre, une civilisation qui mute après l’horreur de la mort industrialisée. D’emblée, il a les traits typiques du chroniqueur éprouvé, comme ces finesses d’humoriste des grands boulevards d’autrefois : Et Dieu me garde de médire des dilettantes ».

Publiés pour la première fois en volume, ces premiers articles journalistiques dévoilent le style et la liberté de pensée de Louis Guilloux. L’auteur nous raconte les arrondissements de Paris et la bohème d’alors, la Foire de Neuilly, l’aéroport du Bourget, le Tour de France cycliste, la boxe et les boxeurs. Le chroniqueur nous parle de sujets aussi divers que le «cinéma de demain », les Américains et la famine en Russie, les assassinats politiques, ou encore la nouvelle science du psychanalyste Freud..

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