Quatre saisons. Des poèmes au jour le jour. Quelques nuits en complément. Passant du lyrisme retenu à l’ironie, Benoît Damon poursuit une méditation sur le temps et la finitude. Les journées sont la mesure définie par l’exigence poétique. Les lieux reviennent. Entraîné par l’urgence de résister à l’appel du «Bonhomme Néant» autant qu’à «la danse macabre demain» et à la force d’attraction du silence, l’auteur interroge les êtres, le monde alentour tels qu’ils vont.

Discrets au début du recueil, le parc et le musée Ariana vont exercer un attrait grandissant; au fil des pages, ils deviennent des lieux d’ancrage, mais aussi des lieux de rencontres : tantôt avec certains habitués du parc, tantôt avec certaines pièces exposées dans les galeries du musée où Benoît Damon prend l’habitude de déambuler quotidiennement.

Découverte, approfondissement des lieux par une fréquentation assidue: rencontres entre les vifs et les morts, les arts et les cultures, le passé et le présent. Benoît Damon se surprend à parler aux inconnus sur le chemin ou à dialoguer avec les contemporains qui l’auront accompagné durant une année ou plus : et l’on retrouve des poètes aussi divers que Perse, Eliot, Cummings ou Stevens, Vallejo ou Heraud, Su Dongpo et Ryokan, Ronsard, Ponge et Queneau «qui aimait bien marcher les pieds dans l’eau», ou encore Brautigan et son chapeau.

 

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