Étonnant dans sa façon de traiter des sujets profondement dramatiques au cœur d’un récit empreint de gaîté, Ábel dans la forêt profonde est un texte majeur de la littérature hongroise. Roman d’apprentissage, il est animé par une prose enjouée et baroque. Sa langue emprunte largement au dialecte local; les dialogues, pleins d’humour, s’articulent autour de traits d’esprit et de jeux de mots. Il est parmi les textes les plus attachants et les plus lus aujourd’hui en Hongrie.

«Après quoi je me dis: quelle créature mystérieuse que l’homme! Le jour, il lutte contre ce qui est, et la nuit il lutte contre ce qui n’est pas. Et lorsque le jour et la nuit passent, ce qui avait existé devient parfaitement identique à ce qui n’avait pas existé. Quelle curieuse créature! Il a tant d’intelligence, qu’il est capable de fabriquer une arme en acier, comme il est capable d’inventer le diable du néant, mais il ne pourra jamais deviner ce qui arrivera demain, pourtant, il aurait été facile de deviner avant-hier ce qui allait arriver hier.»

Œuvre originale : Áron Tamási, Ábel a rengetegben, Budapest: Ciceró, [1932] 1999.

 

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