Georg Trakl, de nationalité autrichienne, est né le 3 février 1887. Issu d’une bourgeoisie aisée de Salzbourg, où son père, Tobias Trakl, avait un commerce de fer, il est le quatrième d’une famille de six enfants. Par sa mère, née Maria Halik, du sang slave coule dans ses veines.
Écolier, il est médiocre, même en allemand. Ayant raté une classe, il ne veut la recommencer. Dès lors, une seule carrière libérale reste ouverte: la pharmacie. Ses parents qui se doutent de son penchant pour la drogue (penchant acquis au contact d’un pharmacien de Salzbourg) ne voient pas de bon œil cette étude. En 1909, après deux ans passés à l’Université de Vienne, il passe pourtant avec succès les examens finaus.
Il est vivement touché par la mort de son père, en 1910, et, peu après, il se présente comme volontaire au service militaire.
Seul membre de sa famille qui l’ait vraiment compris, sa sœur cadette Margarethe, (avec laquelle il semble avoir eu des relations incestueuses) est l’un des principaux personnages de son drame intérieur.

Avec la guerre, il est mobilisé comme aide-médecin et part d’Innsbruck pour le front de Galicie. C’est là qu’il doit veiller sur des grands blessés, après la bataille de Grodeck. Se sentant impuissant à venir en aide à ces malheureux qui demandent qu’on les achève, il tente de se suicider. Ebranlée par ces visions d’horreur, sa raison chancelle: on le transfère à la section psychiatrique de l’hôpital militaire de Cracovie, où il meurt dans la nuit du 3 au 4 novembre 1914, ayant pris une dose mortelle de cocaïne.
Ses restes sont transportés en 1925, dans le cimetière de la commune de Muhlau, près d’Innsbruck, dans le Tyrol, par les soins de son ami et éditeur L. von Ficker.

Henri Stierlin