Né à Saint-Légier (Vaud) le 20 avril 1897, Roud s’installe avec ses parents en 1908 à Carrouge dans le Haut-Jorat dans une ferme héritée du grand-père maternel. Il y passera toute sa vie, jusqu’à sa mort à l’hôpital de Moudon le 10 novembre 1976.

Roud fait des études classiques à l’Université de Lausanne. Ayant renoncé à l’enseignement après une tentative malheureuse, il se consacre entièrement à l’écriture poétique, à la traduction, tout en collaborant à plusieurs revues et maisons d’édition de Suisse romande. Il se trouve ainsi en contact avec de nombreux artistes et écrivains de son temps : C. F. Ramuz, Georges Borgeaud, Philippe Jaccottet, Maurice Chappaz, Jacques Chessex, Seven-Paul Robert, René Auberjonois…
Poète nomade dans une vie sédentaire, Roud a relié, par son amour des routes et sa culture à la fois romantique et classique, des mondes antinomiques : les sensibilités germanique et latine, les brumes et la lumière, l’obscurité de l’invisible et la clarté du monde tangible. De famille paysanne, mais lui-même universitaire et intellectuel, en constant décalage avec son milieu, il va chercher par la poésie à rassembler ces deux parts de lui-même, invoquant dans une même prose le proche et le lointain, l’ici et l’ailleurs, le charnel et le spirituel.

L’essentiel de l’œuvre tient en trois volumes édités par la Bibliothèque des Arts en 1978, qui regroupent les recueils parus séparément : Adieu (1927), Feuillets (1929), Petit Traité de la marche en plaine (1932), Essai pour un paradis (1932), Scène (1941), Pour un moissonneur (1941), Air de la solitude (1945), Le Repos du cavalier (1958), L’Aveuglement (1966), Requiem (1967), Campagne perdue (1972).
Ces écrits forment le noyau de son œuvre.