Élie Reclus, de son vrai nom Jean-Pierre-Michel Reclus, naît en 1827 à Sainte-Foy-la-Grande, est le frère aîné du géographe Élisée Reclus. Ses études, de théologie protestante, le menèrent à Montauban, à Genève et à Strasbourg. Pasteur de formation, il est ce que les Anglo-Saxons ont coutume d’appeler un polymathe, sorte de touche-à-tout de génie extrêmement difficile à situer et à contenir dans un champ particulier du savoir. Aussi à l’aise en littérature qu’en sciences, les écrits publiés d’Élie Reclus peuvent porter tant sur la politique et la sociologie, que sur l’ethnographie et sur l’histoire naturelle, sans compter la mythologie et l’histoire des religions. Son contemporain Havelock Ellis le dit doté d’une intelligence lumineuse et relève son style admirable, fortement imprégné par la langue française du seizième siècle, Montaigne en ligne de mire.
Ses convictions politiques le forceront, à l’instar de son frère, à l’exil, en 1851. La première fois lors du coup d’État, et ensuite au moment de la Commune en 1871. Il vivra dans de nombreux pays européens, dont la Suisse, avant de s’installer à Bruxelles.
Le New York Times lui consacre le 16 février 1904 une colonne entière, intitulée «A Famous Anarchist Dead».

Informations partiellement tirées de: Joseph Ishill (éd.) Élisée and Élie Reclus in memoriam, Oriole Press, Berkeley Heights, 1927.