Madeleine Santschi, née à Vevey le 7 décembre 1916 (et décédée en 2010), a grandi à Nancy (1919-25) puis à Milan (1925-30). Elle y fréquente l’Ecole suisse, où les cours se donnent en allemand. Ces incessants passages d’une langue à l’autre vont marquer son parcours. En 1930, elle se retrouve à Lausanne, y suit l’Ecole de commerce et doit gagner sa vie à dix-huit ans. Elle est alors engagée comme journaliste à la « Gazette de Lausanne ». Après quelques traductions, elle publie un ensemble de nouvelles intitulé La pièce se joue à l’intérieur. Dès 1957, avec son mari Pierre Graff et ses deux fils, elle s’installe à Jouxtens (VD). De la rencontre avec A. Pizzuto (peu après la parution de son premier roman : Sonate) naît l’idée d’une édition bilingue et commentée des Pagelle I et II (1973, 1975) et des Ultime (1978), traductions qui seront suivies de Le Triporteur et autres proses en 1987. Elle traduit encore six recueils du poète Albino Pierro, La Madre de Grazia Deledda (1981) et Madame de Laura Betti (1989), puis publie deux livres d’entretiens avec Michel Butor (1982, 1993) et un essai sur Gustave Roud (1988) avant de revenir à sa propre écriture avec Toutes ces voix (1994) et Pas de deux. En 1996, elle reçoit le Prix de traduction de Val di Comino (Italie). En 2006 paraissent simultanément, en Suisse, un livre d’entretiens avec le peintre Jean Lecoultre et, en Italie, la correspondance Mondadori-Pizzuto-Santschi (L’ultima è sempre la migliore, Carteggio 1967-1975 Antonio Pizzuto – Alberto Mondadori, con le lettere di Antonio Pizzuto a Madeleine Santschi, Florence, Ed. Polistampa, 2006), qui suggère une sorte de « portrait en creux » de M. Santschi, sans cesse présente dans ces échanges bien que ses propres lettres n’y figurent pas.

(Sylviane Dupuis)