Né à Bucarest en 1913, Ghérasim Luca s’établit à Paris en 1952. Dès 1945, il s’attache à l’exploration du fonctionnement réel de la pensée et de l’acte (Le Vampire passif).

Dans un monde qui se désagrège, mais non les valeurs et les intuitions qui le sous-tendent et qui s’inscrivent dans la figure d’Œdipe, va émerger la poésie non-œdipienne (L’Inventeur de l’amour, 1945 ; Le Secret du vide et du plein, 1947). Le langage se trouvera simultanément déconstruit et recomposé (Héros-Limite, 1953).

Par le moyen d’opérations physiques sur le langage, Luca restitue une vibration évidente mais pourtant insoupçonnée logée dans les structures verbales (Sept Slogans ontophoniques, 1964 ; Sisyphe Géomètre, 1967 ; Le Chant de la carpe, 1973).
De cette approche procèdent également Les rituels de L’Extrême-Occidentale, 1961, Les transmutations de La Clef, 1960, Les genèses de La Fin du monde, 1969.
Mais surtout le poème quitte l’écrit, s’oralise (Crimes sans initiale, L’Autre Mister Smith : récitals), se visualise (Crier Taire, La Maison d’yeux : cubomanies, dessins).
Dans Paralipomènes, 1986, s’affirme la tendance à sortir du langage, à transgresser le mot par le mot, et le réel par le possible.
Enfin avec Théâtre de bouche, 1987, Luca se fait le metteur en scène des affres de l’homme axiomatique que La Proie s’ombre, 1991, condense et volatilise.

In «Le Cahier du Refuge» Nº 12 CICPM, juin 1991.
Pour de plus amples informations, visitez la page Ghérasim Luca sur le site des éditions José Corti.