«Je suis née à Thèbes (en Egypte) – tout en étant venue au monde à Elberfeld, en Rhénanie. Ayant fréquenté l’école jusqu’à l’âge de onze ans, je me fis Robinson et vécus cinq ans en Orient. Depuis, je végète.»

Née en Rhénanie dans une famille juive aisée, cadette de six enfants, Else Lasker-Schüler quittera sa famille après son premier mariage pour s’établir à Berlin. Ayant abandonné ses études de peinture, elle se consacre entièrement à l’écriture. Entre 1907 et 1914, elle fréquente d’autres poètes et peintres expressionnistes, notamment Gottfried Benn, Franz Marc et Georg Trakl. C’est également l’époque à partir de laquelle la poétesse ne possèdera jamais plus de logement à elle; elle loue des mansardes ou des chambres d’hôtel. Son «chez soi » sera désormais le café.
Trois cycles de poèmes et une pièce de théâtre voient le jour entre 1902 et 1914, et ses Poésies complètes sont publiées pour la première fois en 1919 – 1920. En plus de la séparation d’avec ses deux maris successifs (en 1903 et 1910), sa vie berlinoise sera marquée par une série d’événements tragiques. Son fils unique, Paul, décède de la tuberculose en 1927, à l’âge de vingt-huit ans. Victime d’attaques violentes de la part des nazis, Else Lasker-Schüler se voit contrainte de s’exiler en Suisse en 1933. De là, elle entreprendra trois voyages en Palestine. Lors du dernier, en 1939, la guerre éclate, empêchant la poétesse de retourner en Suisse. Son ultime recueil de poèmes, Mon piano bleu, paraît en 1943 à Jérusalem, où elle mourra en 1945.