William Carlos Williams dira de Jaime de Angulo qu’il était l’un des plus remarquables écrivains jamais rencontrés. Il inspira tout un génération de poètes, de Jack Spicer à Robert Duncan. L’auteur apparaît dans Les Anges vagabonds de Jack Kerouac. Henry Miller dresse le portait de ce personnage outrancier et atypique dans Un Diable au Paradis (voir notice biographique…) alors qu’ils partagent la même vie de bohème à Big Sur.

Né en 1887 ou 1888 d’une famille d’aristocrates espagnols en exil, Jaime de Angulo il part pour l’Amérique sitôt la majorité atteinte, devient cow-boy, investit un héritage dans un ranch à chevaux et rencontre les Indiens de Californie. Mais il quittera cette vie aussi, pour l’exercice de la médecine, puis de la psychiatrie. Après la première guerre mondiale, de retour en Californie, il s’intéresse à la linguistique et à une «anthropologie sauvage», qui consiste notamment à «rouler dans les fossés avec les chamans». C’est un chemin tout en marges qui le conduira à une vie d’ermite à Big Sur. Quand survient le cancer, il retourne à Berkeley où il se consacre à son œuvre littéraire.