Poète, artiste-éditeur, Simon Cutts est né en 1944 en Grande Bretagne. Dans les années soixante-dix, il fonde la maison d’édition Coracle Press. Le coracle – en gallois cwrwgl – est une embarcation très légère, de forme ronde à ovale, constituée d’un tissu ou d’une peau tendu sur un cadre en vannerie et enduit de goudron pour le rendre étanche.

Cette maison d’édition, organisée sous la forme d’une coopérative d’artistes et d’écrivains, est à l’origine d’une grande variété de livres et de supports imprimés (près de mille titres) dont les formes et formats employés au fil des années vont de la simple page imprimée à l’installation. Parallèlement à cette activité d’éditeur, Simon Cutts anima, de 1975 à 1987, une librairie-galerie ou furent exposés poètes et artistes du Land art tels que Ian Hamilton Finlay, Richard Long, Hamish Fulton, Roger Ackling, Robert Lax et Andy Goldsworthy.

La poésie de Simon Cutts, tout comme ses livres et installations, repose sur une économie minimaliste et appartient au mouvement de l’art concret. Cette poétique, même si elle relève de principes formels très affirmés, tel que les jeux de permutation, l’abstraction ou l’absence du sujet, est néanmoins chaleureuse et colorée. La raison d’être et l’esprit fondamental des vers de Simon Cutts seraient ainsi définis, non sans une pointe d’humour très britannique, par Stuart Mills: «Les domaines propres à la poésie sont les saisons, les sentiments, les boissons non alcoolisées, certaines espèces de fleurs, certains arbres. Les domaines inacceptables sont le sexe, les drogues, la guerre, soi-même. Les adjectifs sont à proscrire».