Rose Ausländer est née le 11 mai 1901 à Czernowitz, capitale de la Bucovine, alors région autrichienne. Elle fait partie de la communauté juive allemande, au même titre que Paul Celan qu’elle rencontra à deux reprises. Elle mène des études littéraires et philosphiques à l’Université de Czernowitz, avant d’immigrer aux États-Unis avec son futur mari qui lui donne le nom d’Ausländer qu’elle portera si bien, puisqu’elle passa sa vie, aussi bien en Amérique qu’en Europe, en exilée, en perpétuelle étrangère. Elle retourne en Europe dans les années trente pour rejoindre sa mère. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle parvient à survivre dans le ghetto de Czernowitz avant de repartir pour New-York en 1946 et de revenir définitivement en Europe en 1963.

Le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale l’amène à ne plus écrire dans la langue de l’occupant et à se réfugie dans l’anglais qui devient sa nouvelle patrie. C’est sur le conseil de proches qu’elle retrouve la force et le sens d’écrire dans sa langue maternelle.

Dans les années 70, elle s’installe à Düsseldorf. Malade, elle entre dans une maison de repos portant le nom d’une autre poète juive allemande, Nelly Sachs. Elle y reste jusqu’à sa mort en 1988, vivant dans son lit, à lire et à écrire. Son œuvre plus de 3’000 poèmes.

La chance voulut qu’à Düsseldorf, l’éditeur Helmut Braun décide de publier les œuvres complètes de cette auteure discrète qui, en France, tarde à se faire connaître aujourd’hui encore.